Discours anniversaire Stratégie 2025 – Rudy Demotte, Ministre-Président de la Fédération Wallonie-Bruxelles

Discours anniversaire Stratégie 2025 – Rudy Demotte, Ministre-Président de la Fédération Wallonie-Bruxelles

Mesdames, Messieurs en vos Titres et Qualités,

 

Voici un an presque jour pour jour, nous étions à la veille du bicentenaire de la Bataille de Waterloo, et je citais en l’occurrence Napoléon qui disait, alors que la Fortune lui souriait encore : « dans la stratégie, tout est dans l’application ».

Douze mois après le lancement solennel de la « Stratégie 2025 pour Bruxelles », je me réjouis donc de participer à cette réunion de suivi, organisée dans l’esprit pragmatique qui, souvent, fait progresser les grandes choses.

À ce propos, la Région bruxelloise est, en soi, une victoire permanente.

Une victoire contre tous les scepticismes et parfois même les oppositions. Une victoire contre ceux qui pensaient que la diversité ne pouvait être gérée harmonieusement.

Plus que ses sœurs, sans doute, la Région de Bruxelles a dû démontrer à la fois sa faisabilité, sa viabilité et son utilité.
Elle l’a fait, dans la pratique puis en grappillant, de réforme en réforme, un statut qui lui revenait de droit, jusqu’à affirmer, aujourd’hui, sa centralité institutionnelle.

Institution de référence pour une population qui, sans outrance, ressent et exprime son sentiment bruxellois, elle porte désormais le projet commun d’une collectivité qui se définit de plus en plus clairement au delà et à travers ses diversités.

En cela, Bruxelles nous offre un exemple spécifique mais abouti du « vivre ensemble » dans nos sociétés toujours plus complexes et ce, avec plus d’acuité encore dans les circonstances dramatiques que nous avons connues.

À l’heure où de multiples niveaux s’interrogent sur la manière de promouvoir l’image de ce pays et de Bruxelles, nous pouvons nous réjouir que cette promotion vienne avant tout « de l’intérieur » et d’une pratique politique, économique, sociale et culturelle bruxelloise dynamique et inclusive.

Très concrètement, ma présence, ce jour, comme l’année dernière, atteste de la volonté partenariale du Gouvernement de la Fédération Wallonie-Bruxelles qui se veut au service de ses deux composantes et en articulation avec leur projet régional respectif.

La stratégie que Bruxelles déploie verra évidemment ses initiatives monter en puissance avec le temps, puisqu’elle est établie à l’horizon d’une décennie, mais je me réjouis qu’au-delà du rodage et de la définition des méthodes entre les partenaires, de premières réalisations concrètes soient déjà perceptibles.

Dans le domaine qui m’occupe plus particulièrement en ma qualité de Ministre-Président communautaire, il s’agit essentiellement des initiatives relevant de l’objectif 6 de l’axe ii, soit, plus précisément, du programme bruxellois pour l’enseignement.

Deux belles avancées sont déjà à y relever.

La première a une vocation programmatique essentielle pour la suite, puisqu’il s’agit de la création du Service « École » au sein du Bureau bruxellois de planification.

Un service qui assurera le monitoring de la demande et de l’offre scolaires sur le territoire bruxellois, qui permettra ainsi d’éclairer la localisation des établissements en fonction des déficits identifiés et qui aidera à l’établissement des projets d’implantation scolaire.

Je salue le fait qu’il soit d’ores et déjà pleinement opérationnel car il s’agit clairement d’une instance précieuse d’aide à la décision.

Le second résultat engrangé un an après le lancement de la démarche est de nature plus immédiatement concrète puisqu’il s’agit du financement par la Région de Bruxelles capitale de 48 postes supplémentaires de puéricultrices dans les classes d’accueil.

Soit un soutien à hauteur d’un million d’euros dont il n’est évidemment pas besoin de souligner l’intérêt concret qui se manifestera dès la rentrée de 2017.

Cette initiative a été concrétisée par une convention signée avec la Fédération Wallonie-Bruxelles.

Le mouvement qu’on nous présente ce jour dans ses différentes facettes est donc bien lancé également dans le domaine, essentiel, de l’enseignement qui met directement en partenariat nos deux institutions.

Je redis donc l’intention du Gouvernement de la Fédération Wallonie-Bruxelles de s’affirmer comme un partenaire ouvert et proactif, loin des logiques obsolètes de « pré carré » et les yeux tournés vers l’objectif.

C’est particulièrement essentiel lorsqu’il s’agit d’éducation, soit de ce qu’il y a de plus indispensable pour assurer à la fois l’intégration citoyenne des individus au sein d’un projet collectif, leur promotion socio professionnelle et, plus globalement, le développement régional.

Nous sommes donc au début d’un processus.

Un processus que j’entends continuer à soutenir et qui passera, notamment, par des éléments clefs comme la lutte contre le décrochage scolaire.

Vous le savez, c’est un objectif qui se trouve au cœur du Pacte d’excellence et pour lequel nous devons travailler ensemble afin d’additionner nos forces contre ce fléau économique et social.

De même, vous connaissez l’importance que j’accorde à la formation en alternance comme filière d’insertion socio professionnelle.

Nous avons engrangé des avancées dans ce domaine depuis la législature passée, avec notamment les bassins EFE et l’Office de la formation en alternance.

Cette question fait également partie des mesures de la stratégie bruxelloise et j’entends la suivre avec une attention toute particulière.

Voilà, Mesdames, Messieurs, je ne serai pas plus long dans le cadre de cette première rencontre de suivi.

Comme l’an passé, nous sommes réunis en nombre et en provenance d’horizons multiples ‑ Région et Communautés, politiques et partenaires sociaux, représentants patronaux et syndicaux… ‑ dans un but commun et sur base d’une stratégie partagée.

C’est très important en soi, en ces temps trop marqués par la confrontation issue de l’absence de dialogue.

Et il est très positif que cela se passe au niveau de la Région bruxelloise qui additionne les différences, les clivages et les écarts… et n’en affiche pas moins une volonté commune de les dépasser et de les concilier.

Un an après le lancement, les énergies ne sont en rien retombées et les ambitions ne se sont pas émoussées. De l’affirmation du principe, nous sommes simplement passés à sa mise en œuvre, qui, par nature, se place au niveau du terrain et des mesures techniques qui font avancer les choses.

C’est ainsi que s’est construite la Région de Bruxelles mais aussi la conscience bruxelloise qui se nourrira, plus encore, des progrès concrets qu’apportera la stratégie 2025.

 

Rudy Demotte, Bxl 21 juin 2016.